Pour ma première nuit en Turquie j’étais installée dans la cour d’une école de tissage bien gardée toute la nuit. Ce qui m’a permis de sortir à Selçuk le soir pour profiter de l’ambiance fête de ces jours et ce fut très animé et sympa. Pas de problème pour se promener seule.
Pour dimanche pleins de projets :
D’abord la visite d’Ephèse à côté de Selçuk. Encore un site archéologique me direz vous et j’étais presque tenté de ne pas y aller.
Heureusement on me l’a vraiment recommandé. C’était magique. L’ensemble est grandiose et les reconstructions merveilleuses. On se sent dans un autre monde et on se redit qu’il y avait déjà des
civilisations très évoluées avant nous. En plus j’ai eu les premiers 30 minutes tout seul dans le site avec le soleil levant, puis j’ai pu profiter d’une visite guidé en allemand. Les photos ne peuvent malheureusement pas rendre ce vécu de grandeur.
Puis comme je vous avait dit ma surprise devait être une sortie équitation sur la plage. J’y étais à l’heure, mais personne. Alors j’ai continué ma route vers Kusadasi une station
balnéaire plutôt riche. J’ai admiré les quais et la statue qui symbolise le nom de la ville aux oiseaux. Je ne voulais pas me lancer dans du shopping. J’ai préféré rejoindre la réserve naturelle
de Milli où il y a entre autres animaux les derniers chevaux sauvages de Turquie. Les paysages et les plages étaient magnifiques mais la verdure bien trop dense pour apercevoir des
animaux.
Puis j’attaque la route pour me rendre à Pamukkale, qui sera le site le plus éloigné pour mon voyage. J’arrive la nuit dans une ville tout près et m’installe sur une place devant une maison. Le
lendemain matin la propriétaire vient me voir et m’invite pour le thé. Très vite toute la famille est là, seule deux des jeunes filles parlent très peu d’anglais.
Ce jour est la fête du sacrifice « Kurban
Bayram », 1 mois après la fin du Ramadan, la plus grande fête religieuse des Musulmans. Toutes les familles sacrifient un animal. « La mienne », pour l’occasion, insiste pour
que je reste. D’abord je pars en pensant à tous mes kilomètres qui me restent à faire, mais finalement je retourne, les gens d’abord, le reste on
verra bien. J’ai pu participer à tout la cérémonie du sacrifice (2moutons et un bœuf !) avec prière et assistance de la famille, à la préparation du repas avec la viande et nous avons mangé
à 11 heures, l’animal tué à 9 heures.
Puis on
m’emmène à la ferme des poules (en batterie pour produire des œufs) de la famille et visite chez les ouvriers avec distribution de gigot. Pendant ce temps un membre de la famille a appelé pour
moi un garagiste qui est venu réparer ma serrure qui s’est bloquée ce matin même.
A 13 heures je suis partie pour Pamukkale juste à côté. Le soleil était tellement radieux que je n’ai pas résisté à y entrer et j’ai bien fait, la lumière était superbe et jusqu’à 17
heures j’avais juste le temps de faire le tour de ces magnifiques vasques de calcaire qui bordent le plateau sur lequel avait été construite la cité romaine d’Hiérapolis. L’eau chaude est d’abord
détournée dans un bain thermal puis elle coule de vasque en vasque dans le petit lac en bas. Au dessus de ces vasques se trouve la cité antique d'Hiérapolis très grande et également
belle.
A 17 heures je retrouve, suite à un
sms, Jessica que j’avais rencontrée aux Météores et nous passons une bonne soirée au resto. Quelle journée, ainsi on n’équilibre pas toujours son programme comme on veut.
Par contre le lendemain tranquille, juste des km, des arrêts et des paysages avec la nuit au bord de la mer. Mercredi tôt, visite de l’Acropolis de Bergame. Bien qu’elle soit très réputée et que j’ai suivi une visite guidée, je n’ai pas été très emballée. C’était plus sympa de discuter avec un turc ayant habité 5 ans à Annemasse et tout heureux de retrouver un 74.
Puis des km jusqu’à Istanbul, un petit ferry pour arriver au milieu de la ville et stationnement entre l’aya Sofia et la Mosquée bleue que je visite le lendemain en premier. Elles sont
belles, surtout les mosaïques et les capitaux mais je n’ai pas le coup de foudre. Ce que je trouve plus sympa c’est de voir tous les turcs en congé et donc énormément de touristes indigènes.
D’habitude on parle d’environ 1 million de piétons à Istanbul, là ils seraient 2 millions. Mais personne n’est pressé et les familles réunies.
J’ai le temps de faire les citernes souterraines, la tour de Galata, de vadrouiller en vélo, un bistro à côté du marché au poisson et le soir je me prélasse dans un bon hammam.
Mmh !
Alors ma place de stationnement est super, mais il faut accepter le muezzin tonitruant à 6h du matin. Donc je suis prête tôt, pour visiter Topkapi, palace des sultans et son harem. Ses nombreux trésors et bâtiments sont très beaux et intéressants. Il fallait bien quatre heures pour faire le tour. Je passe le reste de l’après-midi au bord du Bosphore en profitant des étals, bistros et édifices intéressants tels le palais de Dolmabathçe. Plus je vois plus je m’aperçois que je ne pourrais voir qu’une infime partie de ce qu’il y a d’intéressant. Raison pour revenir.
Samedi je visite le palais de Dolmabathçe, construit vers 1843, dans un style rococo-baroque. Avec ses 285 pièces et son harem, il contient encore tous ses tapis, le mobilier et
tableaux. Il est magnifique, malheureusement nous sommes obligés de suivre une visite guidée qui va bien trop vite. L’après midi flâneries au grand bazar, sans trop d’envie d’acheter à force
d’être interpellée par les vendeurs.
Avec toutes ces merveilles le choix des photos est vraiment difficile et ne peut pas être représentatif. Alors j'espère que vous viendrez bientôt les voir chez moi en album, car le retour est imminent. J'espère sans neige. Bisous à tous.
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Voici une semaine qui commence sous les meilleurs auspices. Athènes avec un soleil magnifique, de
l’ambiance musicale et détendue dans les rues avec les grecs en congé.
Ayant tant attendu le bus la veille, qui fut ensuite bloqué dans les bouchons (au total 40 minutes) je me décide d’aller en vélo à Athènes. Pour y aller cela descend tout
le long la grande avenue Odeos qui doit faire dans les 5 km. Ravie j’arrive au cimetière (romain) et le musée des Céramiques, puis le marché aux puces, l’Agora avec le temple d’Hephaistos,
Mais cela me dépasse, me paraît trop difficile.
Surtout quand je vois les croquis de deux américains installés devant le temple de Zeus. Plus tard nous finissons par discuter, échanger nos cahiers de croquis et je me redis : ne pas
comparer et le faire pour le plaisir et pas pour le résultat en priorité. Les deux sont étudiants en architecture !
Parlons peur : quand même j'en ai parfois.
Par exemple là pour prendre le ferry, car ce sont d’énormes camions avec des chauffeurs archi pros et quelques grecs pressés et habitués en voiture qui vont le prendre. Il faut y rentrer en
arrière, la pente est raide et l’espace serré. Conclusion je me réveille mardi à 4h sans pouvoir me rendormir. Parfait, je me décide de traverser Athènes à ce moment pour descendre au port et la
circulation est alors un jeu d’enfant. Je me rendors au milieu des ferries et flâne la journée dans divers quartiers très sympa d’Athènes. Là encore la peinture d’une maison est le moyen de
passer un agréable moment avec sa propriétaire
Je dors jusqu’à 9h sur la première place
trouvée à l’extérieur de la ville et me réveille face à une plage turquoise, soleil et vent fort. Jogging, baignade et visites de l’île sont encore un programme de rêve. Au village de Pirgi je
retrouve un contact très chaleureux avec la population, thé chez l’un, discussions avec les autres. Cela change tant des villes et je m’y sens mieux, même s’il y a plus à faire dans les villes.
Les trois villages visités ont tous une architecture très différente.
Pirgi est connu pour ses maisons peintes à
motifs géométriques. En effet ils sont très nombreux et magnifiques. En été les rues et parkings sont complètement bouchés. Aujourd’hui je suis seule et les habitants contents de me voir.
Le village de Mesta est entièrement en pierre
apparente.
Par contre samedi quelle journée : en résumé arrivée super en Turquie. Les détails ci-dessous. Encore
l’angoisse du ferry à 8h du matin. Mais il est tout petit celui là, jamais on ne va tous rentrer là dedans. Rien que mon camping car va le remplir. Et oui, il y avait un ascenseur caché dedans
qui casait les voitures dans la cale et moi tout seul en haut.
A moi la Turquie. Sur l’autoroute d’abord, car assez perdu de temps. En entrant : première borne, pas
de ticket qui sort, puis la cabine, personne dedans, deuxième borne enfin un ticket. Je roule presque seule les 80 km jusqu’à Izmir. Au péage de sortie la machine ne prend pas le ticket, ni la
carte de crédit, le feu est rouge, personne dans la cabine. Je change de file, personne, nulle part. Comment fait on ? Loin devant, des policiers finissent par faire des signes difficilement
déchiffrables. Je finis par avancer. Eh oui, c’était gratuit aujourd’hui. Allez lire cela en Turc.
La tour de l'horloge d'Izmir
Ce que j’ai pu voir d’Izmir est très agréable.
Regardez cet aménagement pour adultes dans un parc, c’est une excellente idée que je ne connais pas en Europe (sport, jeu et rencontres, a la foıs pour tous les ages) Imıtatıon de nos
salles de musculatıon maıs pour tous.
J'y trouve des lıbraırıes avec des lıvres
françaıs et le cable de freın cassé a Izmır est réparé 15mınutes plus tard pour 1,5€.
Le Pier Konac (quai du bord de mer transformé
en espace commercial) n’a rien à envier à ceux de San Francisco.
Deux jeunes hommes font des beignets dans la
rue et les distribuent gratuitement à tout le monde. Un délice. A partir de demain il y a 10 jours de fête religieux en Turquie. Mais je ne m’attarde pas, je file à Ephésus ou je suis accueillie,
informée, réservée une sortie surprise (pour vous, moi je sais) pour le lendemain et conduit vers une place de parc sûre dans une école de tissage par un marchand ayant habité à Lucerne.
Pour la visite d’Olympia quelques rayons de soleil sont réapparus ce qui fait tout de suite du bien au moral. Le site est aussi très grand, mais je ne m’efforcerai pas de tout
connaître en détail dans ces vieilles pierres. Dans le musée la statue d’Hermés est la plus célèbre mais j’ai particulièrement aimé les scènes des frontons du palais, et toujours la même
constatation pourquoi l’homme casse même les plus belles œuvres.
Samedi
journée très pluvieuse à Athènes. A 9 heures, sur mon passage, le marché couvert. Quand j’ai vu l’alignement des bouchers j’ai commencé à compter leur nombre : 57 dans la première allée et il y
en avait deux autres. Personnellement j’ai un peu du mal avec tous ces animaux pendu en entiers. Les crustacés et poissons étaient magnifiques, Dommage que je ne peux pas vous transmettre les
bruits car les marchands crient les uns plus fort que les autres. Puis shopping, musées et flâneries. L’église toujours bien présente, ici au milieu de la plus grande rue
commerçante.
Bon, ne vous plaignez pas trop de votre vie tranquille, parfois les surprises sont
bonnes, mais pas toujours. Ce dimanche (après le musée archéo. de Volos) visite de quelques villages pittoresques sur le Pilio, montagne mythologique de la Grèce antique. A l’aller, la route
longe la côte, 20 km, sympa, retour par la route pittoresque : 2x la montée du niveau de la mer jusqu’à 1300m et redescente, tous les grecs en congé et en sortie dominicale. Cela fait
au total 65 km de lacets et quelques frayeurs. Sans parler du réservoir d’essence qui s’allume dans la deuxième montée et le moteur qui tousse. Heureusement il y avait effectivement de belles
maisons (voyez la pente) et de bonnes rencontres. Pour déstresser un bon jogging sur les quais des argonautes le dimanche soir à Volos.
Mercredi, après un dernier bain chaud, départ pour Delphi. Quel doux ronronnement un moteur qui marche
bien.Visites de quelques villages (Amfissa) en route et du musée archéologique en arrivant. J’y prends vraiment goût et le haut du pilier que vous voyez sur la photo représente les danseuses qui
portaient la coupe avec le nombril du monde, que vous voyez à l’avant. Delphi ayant été considéré comme centre du monde par Zeus. Je visite le site jeudi enfin sous un soleil radieux en compagnie
de deux suisses allemands.
Et je profite de la belle après midi pour
rejoindre la côte, me baigner dans la mer (par très chaude, mais trop bleu pour résister) et continuer cette belle partie de route jusqu’à Nafpaktos que je trouve magnifique au coucher du soleil.
Cela fait beaucoup de visites mais pas beaucoup de sport et un jogging le long de la mer en pensant à ceux qui s’entraînent à Veigy me permettra de bien dormir.
Vendredi je visite tranquillement Nafpaktos, puis je passe au Peloponese par le magnifique pont
d’Antirrion. Plus long que celui de Millau mais moins haut, il est très impressionnant et je trouve que c’est une partie d’architecture très importante et belle de notre ère et qui a beaucoup de
signification. Je prends plaisir de le contempler en mangeant. Et puis encore un beau coucher de soleil au port de Killini ou je prendrai, avec mon vélo, le ferry demain matin pour
Zakinthos.
Entre Ohir, Kastoria et
Thessalonique je viens de passer une semaine très citadine, mon porte-monnaie s’en est ressenti et j’aspire à la tranquillité de la campagne. Je quitte Thessalonique après une sortie ciné samedi
soir
La région a de belles plages mais le soleil n’est pas au rendez-vous. Alors je me décide pour une randonné sur l’Olympe. Pas la totalité car il fait 2900m d’altitude et en
partant de 300 cela en fait trop. Mais la première partie qui traverse des gorges magnifiques jusqu'au monastère et dernier parking. 18 km par la route, certes un peu moins par la gorge, mais
c’est sans compter les incessantes montées et redescentes pour chaque énorme rocher. A 14 heures après
J’arrive le soir à ma destination, Kalambaka, en Thessalie, au centre de la Grèce et, déjà
la nuit, cela a l’air magnifique : Les météores. C’est époustouflant, une grandeur qui ne peut pas se transcrire en photos. Des rochers de plusieurs centaines de mètres de haut,
aux
Dimanche paisible à Struga, ou je me ballade et saisit l’occasion de connaître deux femmes en train de cuire leur paprika à l’extérieur. Nous discutons un bon
moment avec les mains et un peu d’allemand et je me sens rapidement très proche de cette femme qui a perdu son mari il y a quelques années et a élevé seul ses deux garçons, du même âge que mes
enfants. Nous en arrivons à étudier un courrier en allemand de sa caisse de retraite, puisque son mari y a travaillé et tenez vous bien, qui lui demande de fournir un certificat de scolarité pour
son fils pour qu’elle continue à percevoir la rente mensuelle de 1,18€
Lundi arrivée à Ohir toujours au bord du même lac, la ville qui possède une église pour chaque jour de l’an ! et toutes
Mercredi journée de route pour la Grèce : beaux paysages et grimpette en camping
car
Lundi matin je prends la route pour ce qu’on
peut appeler les plus grands fiords de cette côte. Le passage de la douane du Monténégro se fait sans problème et la route est toujours bonne, ma conduite de plus en plus calme, pour profiter de
ces magnifiques paysages. Je reste au petit village de Peraste que j’adore. L’église a un petit musée magnifique pleins de trésors, les deux îles sont un beau sujet de peinture et il y a des
tavernes pleins de charme. J’y passe du bon temps et me sent prête pour repartir mardi visiter une plus grande ville, 30 km plus loin. Kotor, ancien port militaire, avec des fortifications et
murailles presque aussi important qu’à Dubrovnik. La ville est belle, beaucoup de boutiques quand même, et dans toute cette région les gens sont très accueillants et travailleurs. Partout les
rénovations et reconstructions sont en cours ou fait et c’est du très beau travail. Apparemment beaucoup d’investisseurs anglais et russes qui apportent les fonds nécessaires. Et j’ai eu le
plaisir de me faire aider trois fois de façon extrêmement généreuse lorsque je demandais simplement un renseignement. Une habitante m’a conduit à travers toute la ville pour me montrer ou se
trouve la librairie, un Monsieur m’a réparé la pédale de mon vélo sur le trottoir alors que je cherchais un atelier et le livreur de la compagnie de gaz a téléphoné à son dépôt qui se trouve sur
ma route pour qu’ils prévoient de remplir ma bouteille de gaz, ce qui n’est pas rien, car je n’ai pas du tout les mêmes bouteilles qu’ici. Et toujours des moments de discussions sympathiques,
souvent avec des personnes qui ont travaillé en Allemagne ou en Suisse. Qu’est-ce que c’est agréable d’arriver ainsi dans un pays.
Mardi je continue mon bout de chemin et
rencontre, attirée par la voile sur la plage, deux parapentistes, Kurt et René, qui viennent, devinez d’où, de 15 Km de mon village natal. De l’Emmental en l’occurrence et l’un se rappelle de mon
père ! Je visite le petit village Sveti Stefano, fait mon jogging puis nous passons une bonne soirée à la pizzeria. Ils ont commencé leur année sabbatique dans les pays du nord, et
continuent maintenant dans le sud en allant d’un spot de parapente à l’autre. Ils ont aménagé un fourgon postal eux même de façon génial et leur site paraway.ch doit certainement être bien.
Enfin vendredi matin départ pour l’Albanie, j’en ai tellement entendue parler des routes
impraticables, de la conduite, des conditions de vie, je ne cache pas une certaine appréhension. La douane sans problème, les taxes sont de 10Ђ. Le fameux pont passe très bien et je vois beaucoup
de la vie. Les enfants qui vont à l’école à 7h30, habillé très chouette évitant au mieux les flaques. Les hommes à la pêche aux anguilles et poissons dans la rivière, le marché à même la rue. Les
constructions très belles ou très pauvres, souvent pas fini. Les décharges de poubelles partout, dans la nature, au milieu de la ville. C’est vrai que leur moyens sont très variables, les prix
aussi, 30 cts le chausson à la viande, 1Ђ le diesel, 10 Ђ entrée et plat dans un resto de luxe. J’ai adoré cette vie grouillante, les sourires et bonjours partout, la gaîté est dans l’air. La
route d’Ulcinij à Shkoder, Tirana et Elbasan impeccable (évidemment c’est l’autoroute, comme j’ai appris à la douane en sortant du pays), en tenant compte d’une partie montagneuse avec des bonnes
épingles. J’ai visité Shkoder et Lezhe, par contre à Tirana la circulation était mortelle. Il faut savoir que chaque voiture s’arrête là ou elle en a besoin, en double ou triple file sans
problème, les piétons traversent partout, des groupes de jeunes, des carrioles à ânes, scooters à quatre, bicyclettes pour dames en talons aiguilles ou paysans avec ses poules se mélangent
gaiement. La police fait la circulation, un peu comme avec une tapette à mouche. Je n’avais pas le courage de m’arrêter, car des parkings je n’en ai pas trouvé au bon moment et je craignais
vraiment le pire. Peut-être était-ce l’heure. Alors j’ai fui à la campagne et je me suis arrêtée dans le premier coin sympa, un resto de luxe ou j’ai mangé en toute quiétude de la bonne viande
pour récupérer de la frayeur. La viande se trouve en grande quantité ici, entre autre suspendu au bord de la route dans des petites cabanes de fortune. Pour ma nuit j’ai choisi un petit village à
l’écart ou tous les enfants se sont attroupés autour de mon camping car, rapidement chassés par l’aubergiste d’à côté. Le lendemain matin échanges et visites se prolongent et je fais la course de
bicyclette avec les garçons car ils admirent mon vélo. (et pourtant je leur dis qu’il a trente ans) moi j’hérite du vélo de l’aubergiste qui ont 50 ans chacun ! Leurs vélos n’ont ni vitesses
ni freins encore moins une sonnette.
Par contre je fus saisie par Lin. De loin
magnifique station balnéaire au bord du lac Ohrid, s’étirant sur deux flancs de montagnes verdoyants. Comme souvent la route d’approche n’est pas goudronnée et la vie dans le village nous plonge
dans d’autres temps inconnus par nous. Quelques structures en béton de bâtiments inachevés, sinon une rue principale boueuse certainement à cause de la pluie récente, des maisons en pierre
s’effondrant à pleins d’endroit sans aucun confort. Les femmes sont assises à même la rue sur un morceau de carton en train de tricoter au soleil, les enfants nombreux(4 -5)par famille), en
chaussettes et tongues, parlent souvent un peu de français. Je parle un moment avec deux familles en train de vider leur filet de pêche et préparer les poireaux en grande quantité. Je ne me vois
pas prendre tout cela en photo, je me sens voyeur et gênée par tout ce que j’ai et je connais. Comment pourrait-on accepter ces différences et comment les réduire. J’y pense toutes les heures
suivantes.
Que les journées sont bien remplies, même quand je me décide de ne rien faire. Je ne peux
décidément pas tout vous raconter. Alors les points phare : le marché de Trogir avec toutes les femmes qui y apportent leur récolte, très touchant, ensuite la visite de la ville deTrogir, qui
est très belle, encore un coin du patrimoine de l’Unesco comme Plitvicka, Sibenik, Split, Dubrovnik et Mostar. La vielle ville a beaucoup de caractère, le tout est construit avec la pierre blanche
de l’île de Brac, cette même pierre qui servait pour la maison blanche et dans le monde entier pour différents monuments.
Avec cela je ne tiens plus en place et jeudi matin départ tôt pour Mostar en Bosnie Herzegovine. Je m’arrête 10min après le départ, les lacs autour de Ploce sont si beaux,
photos et croquis s’imposent. 10 min après, encore un arrêt : La police croate utilise aussi les jumelles pour les excès de vitesse et ils sont aussi précis que chez nous et un seul policier
est parfaitement efficace. Heureusement il était vraiment très gentil. Après cela encore des émotions fortes : se trouver à Mostar, au cœur d’une histoire aussi lourde et récente me
bouleverse. Musée, photos et films retracent les évènements.
Après avoir fait bonne route et
toutes mes investigations à Plitvicka samedi 11 oct. je pars dimanche matin tôt pour avoir le temps au parc naturel,
Lendemain journée tranquille au
bord de la rivière un peu plus loin et mardi la route pour retrouver la mer et l’île de Rab. Arrivée à Jablanat au port du ferry avec sympathique rencontre d’un couple autrichien, Heinz et Maria
avec lesquels je partage une bonne soirée et les poissons pêchés par Heinz. Par ailleurs en connaisseurs de la Croatie ils me donnent plein de conseils de lieux intéressants. Le lendemain je
visite l’île de Rab en vélo après avoir pris le ferry. Mine de rien cela monte et descend pour rejoindre Rab et j’ai fait une bonne journée de sport, interrompue d’un sympathique moment de
peinture. Cela donne l’occasion de parler avec tous les gens qui s’arrêtent. La ville de Rab est jolie, il y a surtout beaucoup de bateaux et de belles maisons de vacances et le contraste du
paysage, dénudé côté est et, verdoyant à l’ouest, protégé de la bora, est impressionnant.
Alors en route pour ma première après-midi à Venise. Et comme je ne connais pas du tout, je me dis, qu’il doit bien y avoir moyen d’aller un bout en vélo. Et de bout en
bout, je me trouve à la place St. Marc avec mon vélo sous le bras. Mais au fil des ponts je me suis quand même sentie un peu gênée. Heureusement que la honte ne tue pas et que j’étais seule, il
n’y a guère quelqu’un de vous qui m’aurait accompagné dans cette aventure, n’est-ce pas ? Au moins cela aura le mérite d’être exceptionnel.